07 février 2010
Une si longue absence pour finalement dire que
Olivier ne publiera plus d'article sur ce blog.
Tout au plus laissera-t-il un commentaire ici ou là si le besoin s'en fait sentir.
Merci particulier à Carine qui a directement contribué par deux fois à ces pages. Merci "général" à tous les commentateurs. Merci aussi aux lecteurs discrets.
Et puis encore merci qui ? Bah merci mon chien, pardi ! (Ciel que je suis drôle)*
Allez juste une dernière pour la route:
Rien n'est poison
Tout est poison
Seule la dose est poison
Bonne chance à tous pour la suite des évènements...
Ciao
Olivier
* Non ? Ah.
29 octobre 2009
Ballade automnale et pensive en Belledonne
ou comment randonner lourd et paisible
C’est l’histoire de deux copines qui décident de partir quelques jours en montagne pour échanger, se rencontrer, partager de bons moments, et disserter sur la vie (d’où les quelques phrases en italique dans le texte qui suit, qui ne sont que des étapes de raisonnements en cours, évolutifs et devant être alimentés)…
Après une (longue) préparation d’une demi-heure la veille au soir, l’itinéraire et les bagages sont faits.
Quel plaisir de construire ce projet rapidement, ensemble, et selon nos envies du moment !
1er jour :
Après un départ matinal (vers 14h du mat’) de Prabert, nous passons le
Pas de la Coche et redescendons sur Le Rivier d’Allemont. Là, nous
demandons un endroit plat pour poser la tente à deux éleveurs de
chèvres qui nous permettent d’assister à la traite et de visiter la
ferme. Le contact est bien agréable, tout le monde a l’air content de
dialoguer.
Tiens, pourquoi on se retient si souvent d’aborder les gens qui nous entourent ?
Décision de cette 1e journée : on essaie de ne pas regarder l’heure pendant notre séjour. Ouf, ce n’est pas facile !!
2e jour :
Montée vers les 7 Laux. On nous avait prévenues, ça monte raide. Effectivement, mais la rencontre de bouquetins nous divertit (et interrompt momentanément nos discussions !!). Ils grimpent bien eux, ils ont l’air bien adaptés et intégrés à leur milieu.
Et nous ?
La météo est bien agréable et nous permet de nous poser l’après-midi au bord du lac de Cos. Et là, que faisons-nous ? Rien de bien visible, mais tellement de bien à l’intérieur, en silence, chacune pour soi, privilégiée dans cet entourage paisible où seule la montagne, les cailloux, l’eau et le vent nous accompagnent.
Pourquoi ne s’offre-t-on pas plus souvent dans notre vie quotidienne des « pauses » comme celles-là, où nous arrêtons le temps un moment pour penser, méditer, respirer, regarder, écouter, ou faire ce que bon nous semble pour nous ? Y-a-t-il du mal à se faire du bien ?
Prenons juste le temps un peu plus souvent… En plus à 2, ce moment a été très riche pour chacune de nous, et pourtant, sans rien se dire (si si, on s’arrête de papoter des fois… !!).
3e jour :
Après un lever de soleil superbe (peu représentatif sur la photo), grand moment de discussion sur
l’amour, les doutes et difficultés de chacune, nos projets personnels, notamment d’habitation, les questionnements sur la vie quotidienne, la vie de couple, le sens de la vie sur terre, la culpabilité… Ouh la la, ça paraît prise de tête comme ça, mais, ces échanges nous sont tombés dessus malicieusement, s’enchaînant simplement, pouvant à tout moment être interrompus par quelque émotion, chant d’oiseau ou courant d’air frais.
Finalement, ça fait vraiment du bien d’entendre les arguments, les avis de l’autre, surtout quand ceux-ci sont formulés sans jugement, en plein respect et pleine bienveillance pour l’autre.
Après ce grand moment d’écoute et une petite trempette dans le lac (eh oui, le climat se réchauffe !!), nous reprenons les chemins en descente vers la Martinette puis on remonte vers la Combe Madame (refuge non gardé mais ouvert), au rythme du brame du Cerf. Magnifique. Nous arrivons presque de nuit (ah tiens, on est peut être parties un peu tard…), après avoir croisé deux chevreuils. Ne pouvant plus nous passer de la tente, nous préférons profiter des rafales de vent et de pluie sous la toile plutôt que dormir dans le refuge vide.
4e jour :
Début de journée bien humide, séchage des affaires dans le refuge avant de monter vers le col de la Croix.
Le vallon est désert, sauvage. Rencontre avec quelques chamois et bouquetins, ayant échappé aux chasseurs. L’un d’eux nous apprend qu’il est « en mission » : il doit tuer un jeune chamois car « cette année, ils sont trop nombreux ». Après un « oui oui » bien poli, nous nous indignons un peu quand même :
Tiens, et nous ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes trop nombreux sur terre ? Quelqu’un viendra-t-il donc prendre quelques uns de nos enfants « pour la bonne cause » ?
On passe le col en admirant le paysage superbe que nous offre la nature, et redescendons vers le col du Glandon. Très sauvage et magnifique, on a l’impression d’avoir changé de massif.
Nous trouvons un petit vallon protégé pour planter la tente, et nous (re-)posons pour (re-)prendre un peu soin de nous : massages, étirements, cueillette de myrtilles, douces somnolences dans le brouhaha de la cascade d’en face… Jusqu’à ce qu’un troupeau de « quelques » chèvres et moutons (ils sont en fait 499 d’après le berger) viennent troubler nos égarements. Fausse alerte, ils repartent, mais pour mieux revenir de nuit, avec le berger cette fois. Il les parque dans l’enclos juste à côté de la tente et vient prendre une tisane avec nous, pour nous parler entre autres, du loup. Ah oui, même pas peur… avec nos couteaux sous l’oreiller !!
5e jour :
Test de la tente sous la pluie : à faire juste avant de rentrer pour sécher les affaires…
Après habillage et extirpation de la tente (ce qui nous a pris au moins 1h tout compris), nous marchons sur la route du col pour rejoindre Olivier. Silencieuses, un peu nostalgiques de ces bons moments partagés, un peu tristes de quitter cette ambiance sauvage, calme, naturelle, intime, nous buvons un jus d’orange chez un berger un peu effaré de voir 2 minettes sorties de nulle part, allant vers nulle part, à cette heure-ci (d’ailleurs, il est quelle heure ? On s’en fout !!). Encore une belle discussion, comme quoi,
il faut vraiment arrêter d’avoir peur d’aller vers les autres !!
(C’est de l’auto-persuasion !!). Il nous montre ses agneaux, son chalet, sa simplicité… Et voilà, on repart, observant la montagne se vider : les troupeaux descendent des alpages, les bergers attendent les camions, et Olivier arrive !! C’est pas mal d’essayer de vivre au rythme de la nature.
Merci à toi Delphine pour nos échanges, merci à nos hommes d’intérieur qui ont assuré, merci aux lecteurs de ne pas prendre les phrases en italique comme des leçons, mais plus comme des réflexions, propositions, questions… Merci à la vie de nous avoir mis là à ce moment là !!
Carine
Les images sont ici
01 juillet 2009
Retour de voyage
Parfois j'ai le sentiment de manquer d'humilité à exposer ouvertement des moments de ma vie sur un blog. Peut-être y a t-il encore un petit besoin de reconnaissance sociale derrière ceci ?!
M'enfin, je crois surtout avoir l'envie, de temps à autre, de partager quelques expériences qui m'ont particulièrement touchée.
J'aime le voyage et la rencontre avec les autres. C'est si riche, HUMAINEMENT.
Quelle expérience, de s'éloigner de ses repères pour s'ouvrir, découvrir et se découvrir.
Quelle expérience, d'aller au delà de quelques peurs pour réaliser quelques-uns de ses rêves sans attendre demain.
Quelle expérience, de se sentir vivre proche de soi, des autres, de la Vie, un peu plus chaque jour.
Ces derniers mois, années, beaucoup de départs précipités d'amis, cousin qui m'ont bien scotchée, fait pleuré, et encore...
Et il y a aussi cette " force" que ces amis me donnent en partie pour Vivre aujourd'hui mes envies. Mercissssss.
Mais, aujourd'hui, lorsque je choisis de réaliser mes envies, mes rêves, j'essaye, davantage, de veiller à respecter la Vie sous toutes ses formes : les autres, l'eau, le ciel, la nature... et moi, puisque j'en fais partie !
J'ai pris conscience que la Terre souffre en partie de mon fonctionnement et que je souffre de ceci !
Alors j'essaie de réfléchir un peu plus mes choix car sans la Vie je ne peux exister !
Et pour continuer, une petite citation de Jacques SALOME que je viens de découvrir et que j'aime beaucoup :
" Le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un enfant n'est pas tant de l'aimer que de lui apprendre à s'aimer"
Et bien je crois que c'est aussi un des plus beaux cadeaux que l'on peut se faire à Soi, entre nous et surtout à tout âge.
Et plus j'apprends à m'aimer, plus j'ai envie de respecter la Vie...
Bon vent à tous.
Delphine
26 juin 2009
A l'eau ? Ici la Terre !
Nous voici donc sur la terre ferme. Pour clore le tome "Açores" de ce blog, petit récit de notre périple océanique.
Nous embarquions donc sur Zen, le bateau de Jacques. Ce n'était pas que du bateau-stop: en fait ça arrangeait tout le monde qu'on parte ensemble. Nous pour le transport évidemment et pour l' "expérience", lui parce que Rémy son dernier équipier ne pouvait plus continuer, tellement malade en mer qu'il avait été depuis les Antilles jusqu'à Faial, trois semaines de vomissements et de pure galère (si on peut dire) sur un océan pas vraiment clément.
Nous avions donc proposé à Jacques de l'accompagner, en lui précisant que de toute façon nous avions déjà une autre opportunité pour rentrer à Gibraltar avec Rocco. Jacques accueillit notre proposition avec une sorte de soulagement, ou au moins avec enthousiasme.
Départ donc de Horta mardi 9 juin à 15h15, attrapant une fenêtre météo a priori propice à un retour en France en une douzaine de jours. 1286 milles nautiques à parcourir (en "route directe", celle donnée par le GPS, c'est à dire en ligne droite). Ca fait environ 2380 km. Mer "un peu désordonnée", et du coup, deux heures plus tard, premier nourrissage des poissons. Bon ben maintenant on le sait: nous sommes sujets au mal de mer. Jacques, lui, sait depuis belle lurette qu'il ne craint rien de ce côté-là. Et puis il a l'habitude d'enjamber des corps inertes alors on ne le dérange pas tellement.
21h: passage éclair d'Olivier du pont vers sa cabine.
21h05: départ de Delphine du pont, direction cabine également. Arrivée le lendemain matin vers 8h. Entre temps, reptation sur 2m50, arrêt au pied de l'évier de la cuisine pour la nuit (ben quoi ? On dort très bien par terre).
Jacques, toujours stoïque, distribuant les bassines* au passage des concurrents, avant de se taper tous les quarts de la première nuit.
2ème jour:
Olivier s'amarine assez vite. Delphine, non. Elle ne s'amarinera d'ailleurs pas vraiment de tout le voyage.
Après avoir contourné l'île de Graciosa et quitté l'archipel, cap Est-Nord-Est, à environ 5 noeuds (9-10 km/h) de moyenne.
Au fur et à mesure que nous émergeons (c'est le cas de le dire), nous prenons lentement nos marques et la vie à bord s'organise, sur 10m60 de long et 3m60 dans la plus grande largeur.
Ensuite:
On pourrait croire qu'une fois que c'est parti, c'est la glandouille la plupart du temps mais en fait la moindre action nécessite des efforts bien supérieurs à ceux déployés sur la terre ferme: par exemple, même passer la nuit sans tomber de son lit est un challenge, balloté qu'on est à cause du roulis. Ca remue, ça remue, et des fois ça remue. Donc on a toujours quelques muscles tendus, tendus, et parfois tendus.
Il y a aussi le bruit, les bruits: il y en a tout le temps. Alors on guette les glissements, les claquements, les couinements, les grincements, en se demandant sans cesse lequel de ces sons sera le signe annonciateur du naufrage. Et puis en fait non, et on s'habitue.
"Jacques ! Jacques ! Réveille-toi ! Y a une voie d'eau dans le cabinet de toilettes ! Avec un OFNI qui pourrait bien être organique !
- Mais non eh... Bon qui c'est qui a oublié de refermer la vanne des chiottes ?"
Chapitre pipi caca donc:
Rémy nous avait bien dit que son rêve était, assez bêtement, de retrouver une cuvette de toilettes horizontale et stable. Bah effectivement, soulager le moindre besoin relève du défi sportif et nécessite d'avoir lu le Kakasutra. Sinon il reste possible de se passer de visite aux toilettes, et puis en fait petit à petit ça se fait tout seul, l'appareil digestif se mettant de lui-même en mode Eco pour assurer un peu de tranquillité à son "usager". La dernière option se matérialise en un bout de corde qu'on se passe autour de la taille, on y fait un noeud de chaise pour la sécurité, et vas-y que tu fais c' que t'as à faire par dessus bord.
Bref en jonglant un peu avec ces diverses solutions on arrive tant bien que mal à ne pas prendre trop de poids.
C'est bien joli de vider, mais des fois faut remplir aussi: comment ça se passe en cuisine ?
Eh ben là encore y a du sport ! Ce sont les cuisses qui morflent le plus. La posture typique du cuistot, c'est avec les jambes semi-fléchies, genoux en appui à l'avant sur les parties fixes autour de l'ensemble gazinière-four, dos collé au meuble derrière, main gauche agrippée fermement au plan de travail, et donc il reste la main droite pour:
- ouvrir le placard
- sortir la casserolle, non pas celle-là (trop simple), celle qui est en dessous des trois autres
- vite refermer le placard avant que tout ne dégringole
- remplir la casserolle (sans renverser) avec la bouteille d'eau qu'on a ouverte avec les dents ou
- libérer le pied gauche entre deux vagues pour pomper l'eau au robinet
Jusque là, si on ne pleure pas déjà c'est que ça va encore. Après ça se corse un peu: il faut allumer le gaz. La gazinière étant la seule partie du bateau perpétuellement horizontale (elle est montée sur un axe qui lui permet de pivoter et de contre-balancer automatiquement le roulis), il s'agit donc d'attraper le bouton d'ouverture du gaz, le tourner en appuyant pour neutraliser la sécurité (thermo-couple), et craquer l'allumette avec les dents sans se cramer les poils du nez... Que du bonheur !
Vu du sol ç'a l'air tout con, mais à bord il faut vraiment gérer ! Et encore là on ne parle que de faire chauffer de l'eau...
Mais zenfin, ce n'est que notre point de vue de néophytes (... au plancton, wouarf wouarf), parce que pour Jacques c'était plutôt du genre, trois ou quatre fois par jour, "Je vais me faire un thé, quelqu'un en veut ?" Et nous: "Ouiiii !!!", saisissant toute occasion de rester assis.
Mais bon, Jacques, forcément, lui, il se rase tous les jours, il ne se cogne nulle part, il tient debout même quand on marche sur les murs, il n'arrête pas de lire ou de faire des mots fléchés, et puis le soir il s'endort en cinq minutes. Pendant que, sur le pont, d'autres luttent péniblement pour survivre en scrutant l'horizon et en espérant que le GPS s'est complètement planté et qu'en fait il ne reste plus que deux heures de navigation.
On nous avait bien dit à Horta que pendant le voyage on devrait prendre le car. Nous n'avions pas bien compris l'à propos de cet avertissement, n'en voyant pas trop l'utilité vu qu'on serait déjà sur le bateau.
Et puis une nuit (la deuxième), alors que nous sommes moins malades et que donc nous dormons mieux, Jacques vient réveiller Olivier à une heure du matin en lui disant:
"C'est l'heure de ton car.
- Mwmf... Je dors, laisse-moi, je prendrai le prochain...
- Non non. Il faut que tu fasses ton QUART !"
Ah OK, il faut veiller avec Simone.
...
Une heure plus tard:
"Jacques ! Jacques ! Réveille-toi ! Il y a une étoile juste au-dessus de l'horizon qui fonce droit sur nous et qui va nous écrabouiller !
- Mais non, c'est juste un énorme cargo, réveille-moi dans dix-huit minutes.
- Ah bon..."
Vingt minutes plus tard, croisement en douceur du cargo, Zen ayant esquivé en se foutant pas mal de savoir qui avait la priorité.
Sinon, le reste du temps, on donne un coup de main à Jacques pour les manip' de voiles, quand il y en a (des manip' ), ce qui nous permet de découvrir "de l'intérieur" l'art de la navigation, et d'en apprendre quelques rudiments: vocabulaire, méthode, technique, météo, etc.
Au-delà de ces aspects de la vie à bord, il y a surtout la rencontre avec le grand large, qui est vraiment grand, cette immensité liquide à perte de vue, de l'eau jusqu'à plus soif mais pas le droit de boire. De l'eau, encore de l'eau, des vagues, encore des vagues, du vent, encore du vent, quoique des fois non, y a plus de vent. Ou alors de face, comme les cinq derniers jours.
Et puis quelques baleines, craintives et discrètes (trop loin pour les yeux, mais suffisamment loin pour la sécurité), des dauphins, parfois en groupe de quatre ou six, parfois si nombreux qu'on renonce à les compter, curieux et joueurs qui viennent faire un petit bout de route dans la vague d'étrave de Zen avant de repartir aussi soudainement qu'ils sont arrivés...
Des nuits étoilées magnifiques dans un ciel d'une grande clarté, des levers et couchers de soleil qui embellissent le premier ou le dernier quart...
Quatorze jours de la même chose, et pourtant quatorze rêves uniques.
Au final:
- plus de 1500 milles nautiques parcourus (env. 2800 km)
- quatorze jours de traversée (09/06 15h15 --> 23/06 19h25)
- hauteur de vague jusqu'à environ quatre mètres, ça commence à faire...
- une fête de la musique "aquatique"
- tout ça sur 4000 mètres d'eau
- un petit "mal de terre" à l'arrivée (sorte d'ivresse du large qui fait tanguer la terre pas si ferme du coup)
... et surtout une expérience pas banale sous la bienveillance de Jacques, skipper adorable, rassurant, prévenant, pédagogue, à l'image de son bateau: ZEN.
C'était pour lui la fin de son grand périple, de son tour de l'Atlantique avec une traversée Canaries - Antilles en solitaire...
Merci Jacques de nous avoir accueillis pour une partie de la réalisation de ton vieux rêve !
Quant à nous, redevenus terriens en France, nous allons nous joindre à des amis, eux aussi en pleine recherche... En route pour le Massif Central.
* Bassine: n.f naut : meilleur ami de l'homme non-amariné
Tout en images com d'hab', c'est ici.
09 juin 2009
Voyageurs
N'insistons pas sur les effusions émotionnelles du départ de Sete Cidades et de la séparation d'avec Balbina...
Peu de temps après Delphine présente le billet d'embarquement (nominatif) et le passeport d'Olivier au contrôleur dont la fonction semble être de prémunir le ferry de toute intrusion dangereuse, Olivier fait de même avec les documents de Delphine, et rien de particulier ne se passe: ils embarquent. Deux réflexions nous viennent alors à l'esprit:
1/ Delphine et Olivier se ressemblent tellement qu'on ne peut pas distinguer leurs photos d'identité, pourtant réalisées selon les normes contraignantes en vigueur. Hypothèse peu probable.
2/ N'importe qui peut embarquer avec n'importe quel passeport, pourvu que son numéro soit enregistré. Y compris, donc, l'ennemi public planétaire numéro un. Pas étonnant qu'on n'arrive à le choper nulle part depuis bientôt huit ans. Hypothèse moins improbable selon nous.
Bref, dix heures de bateau plus tard...
São Jorge:
Débarqués à 1h30 du matin il nous fut facile et pratique de dormir à la belle étoile dans le jardin public de Velas.
Retrouvailles avec Rouven le lendemain au camping d'Urzelina. Le temps étant plutôt beau nous avons pu profiter de la vue sur le volcan Pico sur l'île d'en face (2351 m, point culminant du Portugal), qui ressemble à un gros sein avec son têton pointu. Nous avons pu commencer aussi à crapahuter de ci de là sur cette île bien jolie, dont l'aspect sauvage reste bien préservé par une population résolument "relaxed" et très hospitalière. Hospitalité encore plus évidente en cette période de fêtes du Divino Espirito Santo, qui nous a permis de bénéficier des nombreuses collations généreusement offertes au tout-venant et de nous dispenser assez souvent de la question récurrente: "On mange quoi ce soir ?" A l'occasion de ces rassemblements (dans la rue le plus souvent) nous nous sommes même mêlés aux musiciens locaux qui égayaient les processions, et la rencontre de Pieter (et de sa femme Rini, Hollandais établis à Manadas depuis 18 ans) et de sa guitare magique a donné à Olivier l'envie de se couper les mains une bonne fois pour toutes (juste l'envie hein).
Crapahutages donc en auto-stop (très efficace à São Jorge, même à trois) jusqu'aux Fajas de la côte nord, jusqu'à l' Ilheu de Topo à la pointe est de l'île, ou jusqu'aux Fajas de la côte sud, avec baignades à l'occasion, dans un climat néanmoins déclinant de jour en jour jusqu'à devenir copieusement pourri et qui ne s'est rétabli que le jour de notre départ pour...
Faial:
C'est l'île la plus occidentale du groupe central de l'archipel, la plus proche donc de Flores et Corvo, où nous voulions aller (environ 240 km). Horta, la ville principale, semble toute entière dédiée aux voyageurs des mers. Nous pensions donc y trouver facilement un bateau-stop pour Flores... mais nous y avons plutôt trouvé l'explication du "pourquoi on n'a pas trouvé de bateau pour venir aux Açores en décembre" et du "va falloir changer nos plans". Nous y reviendrons plus bas.
L'arrivée à Horta c'est d'abord beaucoup de circulation sur l'avenue du front de mer, qui rappelle Ponta Delgada. Ca choque un peu après la paisible São Jorge. Juste après c'est le nombre impressionnant de voiliers dans la marina: ils sont tous serrés les uns contre les autres et sur les pontons c'est l'effervescence permanente.
Nous nous y aventurons et découvrons que les pontons c'est aussi une mosaïque de peintures laissées là par les voileux qui y ont fait escale (nous apprendrons plus tard que ne pas laisser cette trace de son passage porte malchance). Et alors forcément nous rencontrons des voyageurs qui viennent d'arriver et vont repartir bientôt. Parmi lesquels des français dont on peut comprendre à coup sûr (enfin !) les explications: on ne trouvera probablement pas de bateau-stop pour Flores (vers l'ouest donc) vu qu'ici tout le monde arrive de l'ouest ! Plaf, petite claque dans notre nez.
Qu'à cela ne tienne, on attendra le premier ferry pour Flores, le 17 juin, et on rentrera en bateau-stop après l'été.
Euh... non, pas vraiment. A partir de fin juillet c'est la période des ouragans, plus personne ne navigue dans le secteur à cette époque de l'année. Pour tout dire, à partir de fin juin il deviendra beaucoup plus difficile de trouver un retour. Blang, grosse baffe cette fois.
Et petite déprime dans la foulée devant un IceTea au Peter's Café Sport, le bar le plus connu dans le monde des voileux.

Trajet typique, dans le sens horaire.
Ca y est, on a compris !
Alors pour réfléchir à quoi faire maintenant nous nous sommes mêlés à eux, sur leur invitation, pour un soir, puis une nuit, puis deux. Et là nous avons eu un réel plaisir à cotoyer des gens qui ont osé sauter le pas, osé se détacher de ce qu'ils avaient pour vivre leur rêve (souvent un rêve d'enfance), un an durant: le tour de l'Atlantique à la voile avec leurs enfants.
On sent bien qu'ils voudraient que le rêve continue. Les Açores c'est la dernière escale avant le retour en France, où il faudra trouver à nouveau une maison, un boulot, des vêtements même... mais des souvenirs plein la tête et déjà, pour certains, l'envie de recommencer l'année prochaine ou dans deux ans ou... un jour quoi.
Ils sont souvent "actifs", avec des enfants jeunes, et à la limite ne savent pas trop comment ils vivront en rentrant. Mais ils l'ont fait, et nous on dit Chapeau !
Bref une première soirée sur le Kaumea avec Anne-Marie, Eric et Tom (5 ans), et puis aussi Jérôme (qui se fait sa transat en solo), Lauriane, Vincent, Alizée (en 6ème au Cned) et Matéo (9 ans) du Matali, soirée qu'on a mis en musique, ce que tout le monde a manifestement apprécié (voir les photos), et une seconde sur le même bateau avec Josy, Laura, et Rocco, skipper pro italien qui nous a même offert une proposition de retour sur le continent avec eux trois.
Entre les deux soirées, retrouvailles (surprises cette fois) avec Rouven, qui avait rencontré de son côté trois étudiantes Erasmus en goguette que nous avions cotoyées quelques jours plus tôt. Les Açores ça semble tout petit, et d'ailleurs ça l'est. Mais pas seulement les Açores: l'une des trois étudiantes passera cet été notre bonjour à Véro, avec laquelle elle travaillera, Véro qu'on a connue sur - mais oui mais bien sûr ! - l'île de Sein l'automne dernier.
Et sinon on devient quoi nous ? Ben nous sommes tout excités à l'idée de traverser l'océan jusqu'au continent avec Jacques, le skipper de Zen (10m60), Raymond le pilote automatique (passque Raymond barre) et Simone le radar (passque... ?) (le/la premier/ère qui trouve gagne le droit de le faire savoir dans les commentaires).
En attendant le départ nous avons campé à Salão dans un petit coin tout mimi tout sympa, où nous discutions à bâtons rompus avec Gaëlle que nous avions rencontrée là, baroudeuse endurcie et "alternative" qui attend des potes de retour des Antilles, et que nous espérons bien aller revoir chez elle une fois rentrés en France, parce que franchement on accroche bien avec elle...
Prochaines nouvelles une fois rentrés sur la terre ferme, parce qu'à partir de maintenant et pour une quinzaine de jours nous n'avons plus d'accès à internet !
Voile-y voile-où,
Ciao les Açores,
En avant le bateau
Préparons nos boyaux
Y a du vent sur la mare !
A bientôt
P.S: Le tout en images comme d'hab', c'est ici.
26 mai 2009
Sete Cidades, Sete Cidades
5 minutes mois d'arrêt !
Bon ben ayé, on va tenter de quitter Sete Cidades ! Et de rejoindre l'île de São Jorge, dans le "groupe central" de l'archipel.
Alors outre l'ambiance particulière de la vie dans un cratère de volcan, nous retiendrons surtout de ce séjour:
Au chapitre "rencontres": Balbina bien sûr (qui, comme nous, se prépare à la séparation) et sa famille (nombreuse, c'est rien de le dire. La moitié de Sete Cidades environ.), Virginio et sa petite famille (avec une mention particulière de sympathie pour Olivia), les frères Helder et Idalmiro ("amigch, amigch"), Manuel et Graça (pour un soir), Ian et Nuno (voyageurs en plein boulot, eux aussi), les îliens-campeurs-fêtards-sans-gêne (on a beaucoup appris sur nous-mêmes à leur contact: on a bien pris conscience de ce que nous ne sommes pas), et puis il y a trois jours Rouven (jeune ami germanique arrivé à point nommé pour nous "aider à partir". Il nous attend demain à São Jorge du coup). Et puis, mine de rien, Neico (orthographe intuitive, mais ça se prononce Nec) le chien (le plus ultra) de Balbina et Marguerite (ainsi baptisée par nous) une des vaches de Virginio. "Mine de rien", parce qu'on aura aussi compris des trucs en "cotoyant" ces êtres-là.
Au chapitre "impressions de voyage": un chouette site (une chouette île, même), des gens sympas au demeurant mais à les regarder vivre on se dit qu'il y a du déjà-vu dans l'air. Une économie plutôt rurale pour survivre, et du tourisme à gogo(s) le week-end pour "le développement". Et puis dans la tête des gens l'american dream bien sûr, avec son cortège de promesses, d'ivresse, de détresse, bref un gros stress. On déplore d'autant plus que cela induit des comportements dont on mesure encore plus les conséquences néfastes sur une nature aussi exubérante que celle-ci.
Bon et alors nous, comment on se sent au présent ? Ben là on se sent un peu "différents" de ce qu'on était en arrivant, après beaucoup d'évolutions dans les têtes. On estime avoir un regard plus "aigu" sur certaines réalités du monde. On en prend, on en laisse, on fait notre salade et puis... le goût nous plait. Bien sûr au quotidien c'est pas toujours tip-top confort (dans les têtes hein, pour le matériel y a belle lurette qu'on a oublié l'aspect confort), il y a eu des périodes de doutes, de recherche(s), de confrontations et mêmes d' "affrontements", mais là aujourd'hui on se sent bien, encore plus d'accord avec nos choix de vie, notre démarche. Donc globalement, pour l'instant les Açores ça nous réussit.
Voili voilou. Sinon vous aurez peut-être remarqué quelques changements "structurels" sur ce blog, nouvelle bannière, moins de rubriques, etc... Evolution, évolution...
Quelques nouvelles photos pour clore la page São Miguel sur l'album "Sete Cidades, set et match"
Amitiés
15 avril 2009
Merci d'avoir osé
Inauguration de la nouvelle rubrique "Ensemble c'est TOUT", grâce à une première contribution, celle de Carine. Nous la publions avec beaucoup d'enthousiasme et d'émotion: d'une part elle tombe à point nommé pour illustrer ce que nous essayons de vivre chaque jour. D'autre part elle nous aide (é-nor-mé-ment, si si) à poursuivre ce chemin avec plus de sérénité.
Message perso à Carine: MER-CI. On se sent plus près de vous, et ça motive. Et puis nous te dédions le titre de cette rubrique (clin d'oeil à une chanson qui résonne, n'est-ce pas ?). Bises.
La parole à Carine, donc.
Bonsoir, c’est Carine,
Figurez-vous que j’ai été ce soir au cinéma, voir « Nous resterons sur terre ».
Je ne ferai pas de pub pour ce documentaire, ceux à qui ce titre parle iront sans doute le voir.
Mais j’avais envie de partager un peu mes réactions face à ces images et paroles.
Le documentaire traite de notre situation à tous : l’état écologique de la planète, l’état de notre économie, l’état de notre société, de nos systèmes sociaux, l’état de nos relations « humaines », l’état de notre (dé-)connexion à la Nature, bref, l’état de notre vie.
Je pense que chacun a une petite idée de cet état, évolutif et que chacun ressent, accepte, interprète de façon différente, là n’est pas le problème. Plus le problème.
En fait, ce documentaire m’a d’abord dérangée. De longues séquences d’images déjà connues sur notre belle planète bleue, puis sur l’industrialisation, la déforestation, nos vies occidentales chronométrées…
Et puis, avec du recul, à la fin, c’est poignant.
Chacun a son interprétation de comment on est arrivé là.
Chacun a sa position sur les responsabilités, sur comment vivre maintenant.
Chacun fait ses choix sur ses orientations. Il n’y a pas de leçons à donner.
Mon espoir est que chacun ait une idée de la solution à trouver, et que chacun un jour (proche) arrive à vivre en cohérence avec ses convictions (je ne donne pas de leçons et je n’ai pas la prétention d’y arriver moi-même).
Car oui, le problème ne fait que commencer, et ce qui m’a été encore plus révélé ce soir, c’est qu’il n’y a qu’UN problème global.
Tout est lié. Certains le savaient déjà, j’avais peut être besoin de plus de temps et d’images pour me le confirmer.
Il n’y a pas un problème économique, financier, social, écologique, culturel…
Tout est lié.
Il ne sert à rien d’engager une dynamique écologique si la situation sociale n’évolue pas.
Il ne sert à rien d’engager une dynamique sociale si la situation économique n’évolue pas.
Il ne sert à rien d’engager une dynamique économique si la situation politique n’évolue pas.
Il ne sert à rien d’engager une dynamique politique si la situation écologique n’évolue pas…
On pourrait échanger tous ces domaines dans tous les sens et les compléter.
Alors, c’est un problème insoluble ? Il est trop dur de tout mener de front ?
Non, ça me semble plus simple. La démarche est la cohérence et l’harmonie. L’outil est l’Amour.
En fait, (je réfléchis un peu par écrit là…), il me semble que quelqu’un qui croit en lui et en les autres, pourra aussi bien mener une action politique, qu’économique, qu’écologique, que sociale, que….
Et si sa démarche est cohérente (c-à-d en accord avec cette personne, au plus profond d’elle et pas que sous la contrainte, l’effet de mode…), si la personne se retrouve dans cette démarche, alors la démarche sera écoutée par tous, étudiée, partagée, expérimentée, bref, elle vivra.
Et si cette démarche est en harmonie avec cette personne et avec son environnement (humain, naturel, vivant…), cette démarche est prometteuse de « meilleur », d’une ouverture pour d’autres, d’un soutien insoupçonné pour ceux qui en ont besoin…
Bon, c’est peut être pas très clair, pourtant, chaque mot est pesé et a son sens.
Où je veux en venir ? (Eh oui, dans notre société, rien n’est inutile, il faut toujours « en venir quelque part », atteindre un résultat !! Ah bougre…)
A l’Amour je pense…
En toute humilité, nous expérimentons en ce moment des petites pratiques de développement personnel, certains l’auront remarqué, d’autres les partagent.
Eh bien quelques fois, il m’est arrivé de me demander, pourquoi on fait ça ? Effectivement, ce n’est pas très agréable quelques fois, on fait remonter des émotions, des souvenirs, des états désagréables, qui nous mettent mal, on paraît « se prendre la tête »… Pourquoi ?
J’avais déjà ébauché une réponse. Ce soir, elle est vraiment renforcée : pour notre terre mère, celle qui nous supporte, celle qui nous nourrit, celle qui nous permet d’évoluer… Quel rapport ?
Je pense sincèrement, et c’est ce que je voulais partager avec vous, qu’il est nécessaire de vivre en harmonie avec soi pour pouvoir respecter les autres, la planète, la Nature, les animaux, toute forme de vie, toutes formes d’humains, et ainsi, de continuer à Vivre (c-à-d évoluer en connexion avec notre environnement, quel qu’il soit, sans rien en attendre).
C’est ce qui me pousse à essayer de trouver mon harmonie, et à encourager ceux qui entament ce chemin (allons y ensemble, c’est plus marrant !!).
Ca peut paraître égoïste au début : il faut un temps pour apprendre à se ré-écouter (c-à-d écouter ses besoins profonds et non ceux de la société), se re-connaître (c-à-d connaître ses envies personnelles, en toute ignorance de celles qu’on veut nous imposer, avoir son propre ressenti sans influence et sans jugement), s’exprimer en toute honnêteté (envers les autres et envers soi). Je crois en fait que c’est le travail de toute une vie.
Mais après, j’imagine que quand on arrive à un certain stade (personnel, différent pour tous), les autres le ressentent, et nous pouvons proposer à l’entourage et à ceux qui en ont besoin l’énergie (je n’ai pas trouvé d’autre mot, ça peut être soutien, amour, aide, dynamisme, écoute…) dont ils ont besoin.
Et je reste persuadée qu’une personne en harmonie sera plus disposée à respecter, donc à conserver, la Vie. Plus d’Amour permet plus d’attention à la Nature, plus de soutien aux hommes, plus de bienveillance envers soi et les autres, plus de créativité scientifique, économique…
Donc n’hésitons pas à nous regarder, à nous parler, à partager.
N’oublions pas que nous venons de la Nature. Juste en avoir conscience.
Et ce, chacun à son rythme, chacun à son niveau, avec ses moyens et ses possibilités.
Voilà, c’était mes petites réflexions. Ah quel documentaire finalement !!
Mais je suis contente de vous écrire ce que j’ai au fond du cœur. Je n’y aurais jamais pensé il y a quelques mois, mais qu’avons-nous à perdre à mieux nous connaître, à mieux partager, à mieux s’appréhender ?
Je pense que je n’y aurais jamais pensé pour une raison simple : la peur du jugement, du regard des autres… Depuis que je m’efforce à ne plus juger quoi que ce soit ou qui que ce soit (rassurez-vous, ça m’arrive encore bien sur !! Ca aussi c’est un apprentissage), ma vie a changé. Je vous conseille d’y réfléchir (ça prend 2 minutes maximum) !!
Allez, je remercie ceux qui sont arrivés au bout de ce message, et ceux qui l’ont entamé. Chacun à son rythme.
Petite précision : étant moi-même en chemin, et n’étant pas certaine qu’il y ait UNE voie à suivre, ce message n’a aucun caractère incitatif. Ce sont mes réflexions, que j’avais envie de partager ce soir.
Je vous envoie donc une bonne bouffée d’amour. Ceux qui voudront prendront de la joie, d’autres, de l’affection, de la sérénité, du dynamisme, de la bienveillance, de la confiance. Si vous voulez, vous pouvez tout prendre, ça me nourrira !!
Bises à tous,
Carine.
20 mars 2009
On ouvre !
Bon. Pas mal de choses dernièrement, mais pas montrables en photos. Il nous semble de toute façon que ce blog va évoluer, pour qu'il nous corresponde mieux. Donc pour le côté "touristique" de ce site, il faudra se contenter de peu.
On estime qu'on a beaucoup parlé de nous jusqu'ici. Et puis le dernier mois a été plutôt agité, la tempête n'étant pas si passée que ça, et de cette agitation sont sorties beaucoup de bonnes choses au final. (Et ce n'est pas seulement le calme qui est revenu, mais aussi une certaine sérénité.)
Comme, par exemple, l'impression qu'on a, tous les deux, d'avoir fait un bond en avant chacun de notre côté, et que du coup la vie nous apparaît sous un jour un peu nouveau, mais encore plus évidemment ensemble.
Ou comme, autre exemple, l'envie et le besoin de nous rapprocher de vous, parce que nous on aurait des choses à vous dire, et peut-être en auriez vous aussi pour nous. Parce que par ailleurs on ne ressent pas un besoin impérieux de rentrer en France, il va falloir se contenter des moyens qu'on a pour interagir, au premier rang desquels l' internet.
Donc:
Nous proposons à chacun de nos lecteurs de lui donner la possibilité de partager tout type d'information qu'il détiendrait et qu'il lui semblerait "utile" de diffuser. Un savoir-faire particulier, une trouvaille intéressante, une source d'information qui semble pertinente, ou même simplement une idée (même, voire surtout, si elle semble anodine ou trop évidente.), si tu ressens l'envie de la partager, il faut que tu puisses le faire. Alors tu nous fais un mail avec le "contenu" de ton message et nous on publie ça sur ce blog. Quite à le remanier (le blog, pas ton contenu !) s'il le faut pour une meilleure lisibilité.
Du coup, suite logique, on commence tout de suite:
IDEE: le cap qu'on vient de passer fera l'objet d'une intervention ultérieure. Je sais, on a déjà écrit quelque chose qui ressemblait à ça, mais sérieusement là c'est du costaud et on n'a pas tant le temps que ça pour le coucher sur papier ou sur écran. On y travaille cependant. Mais d'ores et déjà on peut dire aux gens qui nous considèrent plus ou moins en "explorateurs": "de ce côté-ci de la vie c'est wow, et ça semble largement moins dangereux que là d'où nous sommes partis."
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FILMOGRAPHIE:
La Belle Verte, de et avec Coline Serreau (pas vu par Olivier)
Contact, de Robert Zemeckis (d'après un roman de Carl Sagan) avec Jodie Foster (pas vu par Delphine)
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POGNON: en ces temps de "crise", comme ils disent, savez-vous à quoi sert l'argent qui est sur votre compte en banque ? A ne surtout pas changer d'idée. La NEF, normalement, permet de commencer à changer d'idée. (Même si nous on pense toujours, et même encore plus, qu'on n'a pas envie de l'utiliser, mais si ça peut aider quelqu'un à faire la transition...)
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TRAVAIL SOLIDAIRE: "comment devenir salarié sans patron ?", par exemple...
Oxalis, coopérative d'emploi.
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THEORIE DU CHAOS: trouvé ceci sur le net...
"Que peut-on faire ?
- Soit on reste dans le paradigme de l’Argent-Roi globalisant => les banques-politiques continuent à racler la base pour alimenter le sommet jusqu’à ce que la base ne tienne plus (révoltes, émeutes, grèves…) => on continue, quand même, à maintenir la base par la force et les armes => guerres… (C’est ce qui s’est passé pour la guerre 40-45 suite à la demande insistante des Etats-Unis de remboursement des crédits commerciaux de l’Allemagne et de l’Autriche, voir "L’acharnement thérapeutique peut-il nous conduire vers une Grande Dépression ?" (http://groups.google.be/group/alter...)
- Soit on est prêt à remettre le paradigme en question et on revoit notre système monétaire de fond en comble avec, comme solution-clé, des monnaies fondantes et diversifiées. Mais là, il va nous falloir un sacré saut de conscience ! Il va falloir comprendre que l'accumulation ne résoudra pas nos problèmes existentiels (peur de manquer, de mourir, de vieillir - Cfr Christian ARENSPERGER)
Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles."
[Christian ARNSPERGER] "Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie"
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MONNAIE: ça ne date pas d'hier mais du début du XXème siècle: http://www.globenet.org/transversales/generique/58/dist.html et ça n'a jamais été essayé à grande échelle. Probablement parce que ça ne marche pas, hein ? Mais comment le sait-on, alors ?
Ce ne sont là, bien sûr, que quelques exemples, nous savons bien qu'il en existe une foule d'autres du même type. Le but ici n'est pas de faire de la pub pour telle ou telle alternative, mais bien de simplement montrer qu'il y a des initiatives qu'il est important de prendre en compte aujourd'hui.
Pour qu'au cas où les choses tourneraient plus mal que ce qu'on pensait, on ne puisse pas dire qu'on ne savait pas que le pire était possible et envisageable, et que le mieux on en avait le potentiel !
A bientôt, prenez soin de vous.
27 février 2009
Message d'une sur-diplômée de la Peur
Voilà, je choisis aujourd'hui d'aller au-delà de ma Peur pour vous écrire....Ouille ouille ouille !
Avec Olivier nous venons d'essuyer une grosse tempête.... qui me bouste à écrire, à rebondir, à partager. Que s'est il passé ? Et bien je crois que nos peurs se sont tout simplement rencontrées, plus que d'hab ! En tous les cas nous voici diplômés de la peur avec les félicitations du jury !
La Peur vous connaissez ? Et bien pour ma part je vis avec et la nourrit depuis ma tendre enfance. Elle se manifeste en moi sous différentes formes : angoisse, jalousie, impatience, non respect de l'autre, méfiance, méchanceté, arrogance, fuite..... La liste est longue !
Quelles sont mes peurs ? 2è liste : peur de rater, peur de souffrir et de faire souffrir, peur de manquer (d'argent, de nourriture, d'amour, de chaleur...), peur de la solitude, peur des autres (de leur colère, de leur jugement), peur de l'avenir, peur du temps qui passe, peur de vieillir, peur d'aimer, et l'immense peur de mourir et donc peur de choisir !
Recette : vous mélangez et mixez toutes ces peurs pendant des décennies et vous arrivez au bon plat étouffant suivant : la Peur de vivre ! (ou l'INERTIE, comme vous préférez !)
Pendant toutes ces années, j'ai choisi essentiellement et sans m'en rendre vraiment compte en fonction de ma Peur et non de mes envies profondes..... Et rassurez vous, je continue !!! Dur dur de se détacher de ce pilote automatique. Des années de pratique messieurs dames ! La Peur est mon maître, mon autorité, je la suis, je la cherche, j'essaie de me confronter à elle. Elle me rattrape quand je la fuis..... Je comprends pourquoi j'ai tant de mal avec les personnes autoritaires, pourquoi je ne supporte pas qu'on me dise ce que je"dois faire" ! J'ai mon chef à moi, rien qu'à moi, qui est d'une fidélité.... étouffante !!!
Et la cerise sur le gâteau.... quand je choisis en fonction de mes envies profondes pour essayer de m'éloigner de ma Peur, je réveille parfois la peur des autres !!! Non non je vous assure faut gérer !
J'ai parfois le sentiment que le monde est envahi par la peur: Finalement derrière les conflits, les guerres, les lois, le ministère de la défense, de la justice, derrière le besoin excessif de confort, d'argent, ne retrouve-t'on pas en grande partie la peur et le besoin de la gérer à grande échelle !
A ma petite échelle je suis allée la chercher, l'évacuer à travers mes colères, mes larmes étant petite (mais encore aujourd'hui), puis à travers la prise de risques en montagne. C'est tellement bon la sensation après la peur. Sauf que petit à petit on s' habitue à cette peur et on repousse ses limites....Toujours plus loin, plus haut, plus fort... Où est la limite de notre peur, la chute fatale ? Merci Anne pour ton message de réponse à celui d'Olivier sur les limites.... Je te rejoins !
J'ai choisi ces derniers mois d'arrêter de travailler, de m'éloigner du confort matériel, de me séparer de mon matériel de montagne (ou de prise de risques), de mon quotidien pour voyager, rencontrer d'autres valeurs .... Et je peux répondre aujourd'hui aux 2 questions qu'on me pose souvent :
-Que fuis tu ?
Eh bien ma peur tout simplement ! Et zut, v'là que j' la retrouve en voyage à chaque fois que j'ose me poser sans me fixer un emploi du temps de ministre pour l'éviter, m'occuper l'esprit. Elle est si fidèle, toujours là.... qu'est-ce qu'elle m'aime !
Et elle aime vraiment le changement, la perte des repères, qui la nourrissent....
- Que cherches- tu ?
Le bien-être... Car l'expérience de la dépression, du vide intérieur, de ce sentiment de solitude profond... J'ai testé ! Et n'ai pas envie de renouveler l'expérience. Et figurez vous que je retrouve peu à peu ce bien-être physique et moral derrière mes peurs ! Je redécouvre ce que certains appellent "l'enfant intérieur", d'autres "la petite lumière", le "moi profond"... Bref une facette de ma personnalité qui ne demande qu'à s'exprimer, aimer, jouer, rire, vivre dehors, avec les autres... Et que je sens encore plus fidèle que la peur !
Je retrouve une âme d'enfant et je me sens aujourd'hui davantage une enfant de la Vie, du système solaire qu'une adulte du système économique et libéral pour moi synonyme de "peur" (bon là je vais peut être donner envie de réagir.... mais je prends le risque et dépasse ma peur du jugement ! ). En somme pour répondre à la question que cherches tu ? Moi, tout simplement !!!
Finalement, vivre autrement ou "autrement vie"... Pour moi cela commence par essayer de découvrir qui l'on est derrière nos peurs, d'apprendre à vivre avec soi, de respecter nos envies, nos besoins, de respecter notre différence car nous sommes tous différents...
Il me paraît difficile d'aimer quelqu'un ou quelque chose que je ne connais pas ! Comment s'aimer si on ne se connaît pas !
C'est un immense cadeau que de prendre le temps et le risque de découvrir qui je suis derrière la Peur, un cadeau pour moi mais peut être aussi pour "moi dans mes relations avec vous" ! Comment aimer l'autre, être à son écoute, donner.... quand on ne s'aime pas soi même ?
Alors je continue sur ce chemin, d'aller voir au fond qui je suis, d'aller rencontrer ma peur, de l'aider à partir peu à peu. Olivier m'accompagne sur ce bout de chemin que j'ai choisi.... très inconfortable. Il est aux premières loges ! Je lui décerne le diplôme de la patience, de l'écoute, de l'attention !
Nous apprenons à nous respecter pour ce que nous sommes et non ce que nous voulons que l'autre soit ! Pas toujours facile ! Mais nous nous sommes engagés dès notre rencontre sur la notion de LIBERTE : nous sommes libres de poursuivre ensemble ou non notre chemin ! Pour l'heure ils se rejoignent sur tant de points alors pourquoi ne pas continuer de les partager !
Je poursuis le voyage intérieur aux Açores avec une grande envie, celle que nos chemins se croisent à nouveau !
La Vie est un beau chemin, un immense cadeau ! Elle est en nous, autour de nous, avec vous !
Merci d'être là !
Delphine
Monsieur - Madame
On se permet de forwarder ici des "Monsieur - Madame" transmis par Anthony qui n'ose pas les mettre lui-même sur le blog...
Monsieur - Madame Tartine ont une fille...
Kimberley
Ouarf ouarf elle nous plait beaucoup celle-là !
Monsieur - Madame Fréchie ont un fils et deux filles...
Laurent, Gina, Sarah
Hi hi hi.
Monsieur - Madame Form (allemands) ont trois fils...
Jésus, Hans, Hubert
Hu hu.
Z'en avez d'autres ?













